Marou: les Pionniers du Cacao Vietnamien- partie 1






Sébastien – Bonjour, ici Sébastien du site internet Chococlic.com. Là je suis avec les messieurs Marou, les inventeurs du chocolat du Vietnam. Merci messieurs. Bonjour. C’est un plaisir de vous accueillir et moi j’aimerais que vous me disiez d’où est venu Marou ? Pourquoi ? Et votre association qui fait un carton, est-ce que tu peux m’en dire plus ?

Samuel MARUTA – Marou, ça fait un peu plus de quatre ans que l’aventure a commencé et c’était une véritable aventure ; avec Vincent on s’est rencontré dans la jungle au Vietnam.
Quelques mois plus tard, on s’est lancé dans le cacao. On avait tous les deux cette idée chacun de notre côté et puis un jour on s’est jeté à l’eau. Vincent va peut-être raconter comment.

Vincent MOUROU – Premièrement on s’est dit : « Il y a du cacao au Vietnam. Comment ça se fait que personne ne fait quoi que ce soit avec ? » Donc il fallait répondre à cette question et c’est d’où vient l’aventure du chocolat Marou. En tout cas on s’est lancé un jour en allant dans la campagne pour découvrir une ferme de cacao et on a trouvé un fermier, un monsieur Duke de Bariade avec qui d’ailleurs on travaille toujours. On a remmené deux kilos de fève chez Sam qui avait une gazinière et on a commencé notre premier essai qui était loin d’être un chocolat. C’était vraiment quelque chose de très brut et granuleux. Mais voilà, ça nous a quand même étonné et on s’est dit : « On n’est pas idiot. Avec un peu de temps, de technique et des outils peut-être qu’on pourra arriver à quelque chose de fabuleux. »

Sébastien – Et ça ne vous a pas semblé une aventure assez difficile ? Parce que c’est vrai qu’on se dit des fois que le chocolat ce n’est pas facile à faire.

Vincent MOUROU – Mais je pense que le fait qu’on ne soit pas du métier ça nous a libéré quelque part et aussi loin de tout. C’est-à-dire qu’on était isolé au Vietnam, on avait l’accès au cacao et on pouvait rêver et faire. On a mis la main à la pâte très vite et pendant longtemps pour faire des essais et tout ça.

Samuel MARUTA – On a vraiment expérimenté et c’était amusant. On a créé certains de nos outils. On a acheté des trucs à droite à gauche. On ne s’est pas pris la tête. On est parti toujours avec le but de faire un chocolat le meilleur possible et un chocolat à notre goût aussi. Donc on fait toujours aujourd’hui, que du chocolat noir, uniquement avec des ingrédients vietnamiens. Donc c’est vraiment notre spécificité. Il n’y a personne d’autre sur cette niche.

Sébastien – Par rapport à ça, justement, votre rencontre, le déclic, qu’est-ce qui a fait vraiment basculer pour dire : « C’est bon on est parti, on fait ça » ?

Vincent MOUROU – C’était premièrement le potentiel de faire quelque chose d’excellent. Je pense que chacun, la première fois qu’on a goûté ce cacao, on s’est dit : « Il y a quelque chose qui est là. » Après je pense qu’avec Samuel on avait des valeurs en commun par rapport au projet. Ça veut dire qu’on voulait faire quelque chose d’authentique, local, avec un sens de l’aventure et qualité de vie. Donc on était aligné sur ces valeurs-là qui nous suivent toujours.

Sébastien – C’est vrai que même dans l’emballage fabriqué là-bas, etc. tout est fait à la main c’est ça ?

Vincent MOUROU – Exactement. Tout est fait à la main, tout est emballé à la main. Donc on crée beaucoup d’emplois au Vietnam. On en crée aussi en France à travers notre distributrice. Donc on est content. On garde quand même un pied en France, c’est notre principal marché, et on est toujours content de revenir au salon du Chocolat. Là c’est la quatrième fois, donc en quatre ans on ne peut pas mieux faire.

Sébastien – Qu’est-ce que vous pensez de la grosse tendance beans-to-bar dans le monde entier ?

Vincent MOUROU – On s’inscrit totalement là-dedans et en même temps parmi les beans-to-bar qui sont de plus en plus nombreux, nous on a la particularité d’être dans le pays d’origine. Donc notre particularité c’est qu’on remonte jusqu’à la fève. On n’est pas seulement beans-to-bar on est aussi des gens qui travaillent à la ferme pour aller trouver du cacao et ça, quelque part, c’est un gros plus pour nous.

Sébastien – Et ça, c’est un travail que vous faites régulièrement j’imagine, d’aller chercher les meilleures fermes de cacao ?

Vincent MOUROU – Oui, oui, on passe beaucoup de temps à la campagne. Pendant trois ans, avec Samuel, on faisait le sursis nous-mêmes. En fait on allait une fois par semaine à la campagne chez chaque fermier et là maintenant on travaille avec un jeune agronome français, Alex Parisel, qui sera là d’ailleurs sur le salon, qui fait un gros travail avec les fermiers au niveau technique aussi. Donc améliorer les endroits où il y a besoin. Mais ça reste quand même nous qui contrôlons le goût mais Alex s’inscrit très bien dans notre esprit car il est vraiment attaché au goût. Pour un agronome c’est assez rare ; avoir quelqu’un qui soit technique mais aussi qui

Samuel MARUTA – Tu vas te faire des amis au Cirad.

Vincent MOUROU – Oui, je vais me faire des amis au Cirad ; mais Cirad c’est une exception ! Non, ils sont supers. On a fait une collaboration avec le Cirad. Alex aussi a fait des formations là-bas – d’ailleurs on aimerait faire un peu plus avec eux.

Sébastien – Oui, voilà, la pierre est lancée en tout cas pour le Cirad. Vous avez entendu le message. Si vous regardez la vidéo, voilà, c’est lui. Super ! Alors avec tout ça, avec cette tendance, avec ces supers produits, j’ai vu que vous aviez sorti – bon, ça fait quelques temps déjà – des fines tablettes pour la dégustation. Vers quelle direction vous allez aujourd’hui ?

Vincent MOUROU – On part dans toutes les directions. C’est peut-être ce qu’on pourrait nous reprocher mais aujourd’hui on a plusieurs fers au feu. On se lance dans les plantations de cacao en agroforesterie au Vietnam, parce que tout ce qui est question environnementale nous tient vraiment à cœur. Donc on veut démontrer au Vietnam, et notamment vis-à-vis des acteurs vietnamiens du secteur, qu’on peut faire de nouvelles plantations de cacao sans faire de dommages à la faune et à la flore. C’est vraiment un projet de partenariat avec un propriétaire terrien au Vietnam, où, au lieu de déforester, on se lance dans un projet où l’on va prendre une forêt et en éclaircissant les sous-bois, planter du cacao en-dessous ; tout en ayant un objectif de très très grande qualité au niveau du cacao.

Sébastien – Je crois de souvenir, qu’il y a 12 cacaos qui sont autorisés au Vietnam ?

Vincent MOUROU – Oui, vous êtes bien renseigné. C’est à peu près ça. Donc on utilise ces cacaos. Autre très gros projet qu’on est en train de lancer, cela va être au printemps prochain, on va ouvrir maison Marou qui va être notre premier point de vente à Saïgon au Vietnam, qui sera un endroit où les gens pourront déguster nos chocolats, nos produits chocolatés et aussi voir comment on fait le chocolat ; le tout sous le même toit.

Sébastien – Super projet, donc dans les prochains mois !
Sébastien Rivière, Samuel Maruta et Vincent Mourou© ChocoClic

Manager ChocoClic


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