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Le cacao Mercedes : le sésame de la relance économique en Côte d’Ivoire ?

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Un cacao précoce, calibré et hyper-productif… L’idéal des planteurs ivoiriens et des usiniers s’est matérialisé il y a 8 ans dans le cacao Mercedes, une variété hybride mise au point par le CNRA en Côte d’Ivoire sur laquelle le pays, 1er producteur mondial de cacao, mise pour sa relance économique mise à mal ces dernières années par la chute des cours. Zoom sur la portée et les limites de cette graine de star de la filière cacao.

Une fève magique pour les planteurs
‟[Ça nous fait gagner un peu plus d’argent […], et on ne se fatigue pas trop pour l’entretien.]” Né du croisement de différentes espèces, le cacao Mercedes est le fruit d’une recherche de 40 ans menée par le Centre National de Recherche Agronomique ivoirien (CNRA). Nommée à juste titre Mercedes (synonyme de bolide en Côte d’Ivoire), cette variété commence à produire 18 mois après sa mise en terre – contre 6 ans pour les plants classiques – avec un rendement plein à 7 ans et une longévité de 40 ans. Le Mercedes ne se contente pas d’être précoce. Calibré aux attentes des usiniers du cacao, il produit des cabosses plus rondes, des fèves plus grosses et plus lourdes, et reste jusqu’ici épargné par le virus du Swollen shoot.


La fève d’or des opérateurs ivoiriens
Fort de ses attributs, la berline du cacao ivoirien crée une petite révolution par sa productivité pouvant atteindre 1.5 tonne par hectare contre seulement le tiers pour les vieilles souches. Une véritable manne économique pour la Côte d’Ivoire qui détient 35% des parts du marché mondial et dont les vergers traditionnels se font de plus en plus vieux. La filière ivoirienne fait vivre aujourd’hui plus de 8 millions d’individus et représente 40% des exportations du pays. D’où le rêve grandissant des opérateurs ivoiriens nourri par le record sans précédent généré par la campagne 2013-2014, s’élevant à plus 1.7 millions de tonnes – soit 300 000 tonnes de plus que l’année précédente. Mais qu’en est-il vraiment ?

Une révolution en marge de la production globale
Malgré ces atouts, le cacao Mercedes ne constitue qu’une infime partie des plantations ivoiriennes, comparativement aux 12 millions ha de plantations classiques. Les capacités d’approvisionnement de la CNRA sont limitées – l’an dernier, le centre n’a pu pourvoir que 42 000 ha. En outre, les planteurs n’ont pas les moyens d’investir dans de jeunes plants, et la plupart de ceux qui produisent du Mercedes utilisent des méthodes de récolte et de traitement post-récolte archaïques. L’état table actuellement sur des mesures incitatives garantissant le prix d’achat au planteur, et sur l’engagement de Nestlé à fournir 12 millions de plants sur 10 ans – une aide loin d’être désintéressée qui vise à pérenniser son approvisionnement.





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