
RÉGLEMENTATION DES MATIÈRES GRASSES
VÉGÉTALES (MGV)
Le 15 mars 2000 : le chocolat comportant
des matières grasses végétales autres que le beurre de
cacao, en complément de celui-ci, aura droit d'être fabriqué
et commercialisé dans toute l'Union Européenne.
Déroulement de la réglementation des
MGV :
En 1973, la CEE (communauté Économique Européenne première
forme de l'Union Européenne d'aujourd'hui) opte pour une réglementation unique
pour la fabrication et la vente de produits de cacao et de chocolat, remplaçant
ainsi les législations propres aux pays membres et harmonisant les dispositions
concernant les dénominations, la composition des différents types de chocolat,
l'addition de matières comestibles, la présentation de l'étiquetage, etc...
Cet ensemble réglementaire cohérent, complet, répondait aux
besoins des producteurs, industriels et artisans et donc aux intérêts des consommateurs
de l'époque au sein du marché commun.
Tout ceci a permis une amélioration globale de la qualité du
chocolat et favorisé sa production et sa consommation.
Cependant, les trois nouveaux états membres (le Danemark, l'Irlande
et le Royaume Uni) exigeaient que leur soit reconnu le droit de pouvoir ajouter
au mélange de base (cacao + sucre) de la matière grasse autre que celle naturellement
contenue dans le cacao (le beurre de cacao) et ce au regard des traditions chocolatières.
Cet argument fut bien sûr retourné par les six membres fondateurs de la CEE
arguant a leur tour que leurs traditions étaient pour le moins aussi anciennes
et qu'un tel ajout dénaturerait la nature même du chocolat.
Devant le refus manifeste de chacune des parties de se plier
aux exigences de l'autre, le conseil de la CEE n'eut d'autre solution que de
se donner trois ans pour venir à bout de ce problème et donc "de décider
des possibilités et des modalités de l'extension de l'utilisation de ces matières
grasses à l'ensemble de la communauté."
C'est donc à la Commission Européenne, dont le rôle est de
soumettre aux États membres les propositions visant le bon fonctionnement et
la meilleure application des règles édictées par l'Union (sauf exception notables),
qu'incombe l'un des dossiers agroalimentaire des plus épineux puisque mettant
en balance les intérêts difficilement compatibles des pays riches consommateurs
de chocolat et les pays pauvres (principaux producteurs de cacao), des multinationales
et des artisans, sans oublier les comportements alimentaires de chacun rapidement
assimilés à une forme très médiatique "d'exception culturelle".
Dans ces conditions le délai initial de trois ans va très vite
devenir impossible à tenir et il faudra plus de vingt cinq ans pour arriver
à un compromis, qui d'ailleurs se profilait depuis le début de la "Crise
des MGV".
Rappelons qu'en effet le règlement du Marché Commun garantit
la libre circulation des personnes, des biens et des marchandises entre les
États membres. Par conséquent un bien manufacturé (alimentaire ou non) peut
être commercialisé s'il est conforme à la législation de l'un des pays membres.
Il est à noter cependant, que si le non respect de cette règle peut mener devant
la cour de Justice de Luxembourg ; on peut toutefois souligner que certaines
conditions, une meilleure information vis à vis des consommateurs par exemple,
peuvent être requises à l'ouverture générale des frontières...
A la fin des années 70, la Commission Européenne propose de
compléter la directive de 1973 en préconisant la généralisation de l'emploi
des MGV ainsi que les conditions d'un tel emploi et ce concernant la nature
de ces graisses végétales, leur teneur maximale dons le produit fini, leur mention
à l'étiquetage, etc...
Bien entendu, cette tentative se solde par un nouvel échec
diligenté par les six états fondateurs. Il es sera ainsi jusqu'en 1997.
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